Stéroïdes - Le sport aura-t-il le dessus ? (1 de 2)
publié le 22 mai 2008 à 13h12 par Nowhere (Alex Carbonneau)
Stéroïdes dans la NFL - RaMz
Il n'y a pas si longtemps, Al Pacino, ou plutôt le personnage de Tony D'Amato, cet entraîneur de football nostalgique dans Any Given Sunday était assis à un bar et découragé de ce que son sport était devenu, il déclarait à son assistant que le sport avait changé, que plus rien n'était pareil.
L'autre lui disait qu'il ne voulait plus coacher dans les ligues professionnelles, qu'ils retournerait bientôt montrer les rudiments du football aux plus jeunes, car les jeunes sont encore purs et ne sont pas teintés des vices qui entourent le sport professionnel. À cela, D'Amato répondait avec justesse que le sport a changé du tout au tout lorsque la première publicité télé est arrivée. Le sport était devenu la propriété des réseaux de télévisions et tout à basculé à partir de cet instant.
Maintenant, la télévision, la publicité, les commanditaires, la médiatisation du sport est devenue la nouvelle norme. Jusqu'ici, pas de problème. Que les vedettes soient sur-exposées, que le public soit inondé de publicité, plus personne ne s'en plaint. Sauf que maintenant, le sport est encore en train de basculer et de nouvelles normes s'installent. En fait, elles y sont bien installées depuis le début des années '80 et ce n'est qu'aujourd'hui que les gens commencent à se rendre compte des ravages que cette nouvelle pratique du sport est en train de causer.
Les Jeux Olympiques en sont pleins. Le Canada aura connu sa première éclaboussure de niveau international avec l'incident Ben Johnson en 1988 alors qu'aux jeux de Séoul, le gagnant de la médaille d'or au sprint de 100 mètres testa positif aux stéroïdes anabolisants. Récemment, la quintuple médaillée olympique Marion Jones s'est vue dépouillée de ses médailles pour les mêmes raisons et condamnée à six mois de prison dans l'affaire BALCO pour avoir menti devant le congrès américain.
Au baseball, selon certains, c'est de 50 à 80 % des joueurs qui consomment régulièrement des stéroïdes ou des hormones de croissances. Récemment, le rapport Mitchell était publié avec en tête d'affiche les noms de plus de 90 joueurs, actifs ou retraités, qui auraient été des consommateurs de produits dopants. Le rapport avait eu l'effet d'une bombe au Québec alors que le releveur numéro un Éric Gagné, gagnant d'une série mondiale et d'un trophée Cy Young, était nommé.
En 2003, Jose Canseco, surnommé “The Godfather of steroids”, publie Juiced, un livre dans lequel il étale au grand jour la culture de la consommation de stéroïdes au baseball, expliquant que c'est probablement lui-même qui aurait rendu le problème aussi gros qu'il ne l'est aujourd'hui.
Dans son livre, il mentionne que quatre joueurs sur cinq prennent régulièrement ces substances illégales visant à améliorer leur production sur le terrain. Il explique également que les propriétaire et le baseball majeur sont bien au courant de ces pratiques, mais que jamais ils n'interviennent car les super-athlètes qu'ont créé les produits dopants cognent encore plus fort et encore plus loin qu'avant, sont encore plus rapides et le résultat en est fort simple, ils remplissent les gradins.
N'est-ce pas la course au record de Roger Maris entre Sammy Sosa et Mark McGwire qui aura sauvé le baseball après que la grève eu vidée les estrades ? “Big Mac” était, aux dires de Canseco, un consommateur réputé de stéroïdes. Ce dernier a d'ailleurs été convoqué par le congrès américain et a fondu en larmes en disant qu'il n'était pas là pour parler du passé, mais qu'il n'avait jamais consommé de produits dopants.
Les gens se demandent encore si le record de 73 circuits en une saison, maintenant détenu par Barry Bonds, ne devrait pas être accompagné d'un astérisque dans le grand livre des records du baseball majeur. Monsieur Bonds aura été largement éclaboussé dans l'affaire BALCO. En effet, son entraîneur personnel, Greg Anderson, à été accusé de fournir les produits développés par le Bay Area Laboratory Co-Operative.
Bref, le baseball n'est pas au bout de ses peines et c'est à se demander s'il sera à nouveau propre un jour. Les propriétaires le veulent-ils vraiment ? Jusqu'à tout récemment, un joueur se voyait banni à vie des ligues majeures à sa cinquième offense concernant l'utilisation de produits proscrits dans la convention collective.
De plus, les politiques de dépistages sont arrivées sur le tard. “Vous n'avez pas le droit de consommer tel ou tel produit, mais on ne vous testera pas, on vous fait confiance.” leurs disait-on. Aussi bien dire que n'importe qui avait toutes les chances de son côté et pouvait s'injecter en paix.
N'abordons même pas le cyclisme et la disgrâce qu'est devenu le Tour de France, le portrait commence à se dessiner de lui-même. Si le baseball, le cyclisme, les Jeux Olympiques et plusieurs autres sports sont aux prises avec des problèmes de stéroïdes qui ne semblent pas être en voie de se règler, sommes-nous assez naïfs pour croire que même avec une politique anti-dopage des plus serrée et une gestion quasi parfaite, la Ligue Nationale de Football échappe au fléau ? Les cas de joueurs ayant abusé de substances illégales au football sont-ils des cas isolés ? Bref, la NFL sera t-elle la prochaine instance sportive à tomber ?
Pas de problème au Football
Il n'y a pas très longtemps, Roger Goodell, commissaire de la NFL, affirmait que sa ligue n'était pas aux prises avec un sérieux problème de stéroïdes et de produits dopants. Poudre aux yeux ou alors la NFL tient la laisse sur ses joueurs, plus serrée qu'on ne le pense? Examinons tout d'abord la politique anti-dopage de la ligue.
“La Ligue Nationale de Football proscrit l'utilisation, par ses joueurs, de stéroïdes anabolisants/androgéniques (incluant la testostérone exogèné), certains stimulants, les hormones de croissances humaines, animales, naturelles ou synthétiques ainsi que toute substances reliées ou similaires. À cet effet, toute substance dites masquantes ou diurétiques utilisées pour cacher la présence des substances proscrites sont également prohibées.”1
La liste des produits interdits est bien remplie. Pas moins de 47 types de stéroïdes anabolisants, toutes formes d'hormones de croissance (au nombre de cinq) et 20 agents masquants. C'est sans compter l'épistotestostérone et le probenecid.
Quelle est donc la politique de la NFL si un de ses athlètes est surpris à consommer, vendre ou administrer l'un de ses produits ?
Première offense : Suspension de quatre (4) rencontres de saison régulière et/ou de séries éliminatoires, effective immédiatement.
Deuxième offense : Suspension de huit (8) rencontres de saison régulière et/ou de séries éliminatoires, effective immédiatement.
Troisième offense : Suspension de 12 mois effective immédiatement avec étude du dossier par le comité de discipline ainsi que le comité chargé de tester les athlètes avant le retour au jeu.
Les stéroïdes à travers la NFL
Bien que l'utilisation de produits dopant soit un enjeu actuel, leur présence dans la NFL remonte à bien avant notre génération. En effet, Lyle Alzado, un joueur de ligne défensive des Broncos de Denver confessait avoir commencé à prendre des stéroïdes anabolisants dès 1969 ; “…et je n'ai jamais arrêté, j'étais dépendant, mentalement [...] d'ailleurs 90 % des athlètes que je connais consomment.”2
En 2005, Jim Haslett, un joueur de ligne tout étoile de la plus grande dynastie du football, celle des Steelers des années 70-80 a admis avoir consommé tout au long de sa carrière.
Neuf joueurs sur dix dans les années 60-70 est peut-être un peu tiré par les cheveux, mais cela ne prouve t-il pas que le problème était présent bien avant qu'il ne fasse surface dans les médias ?
Depuis les années 2000, sept joueurs de la NFL auront été suspendu pour une durée de 12 mois ou plus. C'est sans mentionner les suspensions de quatre ou huit matchs ainsi que les joueurs nommés dans l'affaire BALCO.
Deuxième partie
Demain, je publierai la seconde partie de ce rapport qui portera sur plusieurs évènements survenus à travers la NFL depuis le début du 21e siècle. Vous verrez que l'on s'est plus souvent caché la tête dans la sable que d'autre chose dans les bureaux de la NFL.
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