La LHJMQ selon Gilles Courteau
publié le 25 août 2008 à 10h27 par Rémi Villemure (Rémi Villemure)
Gilles Courteau
On parle souvent de la LHJMQ comme une ligue mal structurée et pratiquement sans espoir pour les jeunes joueurs âgés de 16 à 18 ans.
C'est facile à comprendre, la réputation de cette ligue ne fait que s'effriter en raison d'évènements qui marquent le Québec comme les incidents du 22 mars dernier alors que Jonathan Roy avait sauvagement attaqué Bobby Nadeau durant une mêlée générale.
Lors de la dernière Coupe Memorial, les représentants de la LHJMQ, les Olympiques de Gatineau. n'avaient fait guère bonne figure en ne remportant aucune partie.
Certains blâment Gilles Courteau, l'actuel commissaire de la LHJMQ. Cependant, le principal intéressé croit que depuis son embauche en 1986 à ce poste, le bilan est positif : « Depuis mon arrivée à la présidence en 1986, la qualité des propriétaires qui ont cru à la LHJMQ et aux matchs est incomparable à celle d'avant. »
Il faut cependant mentionner que la LHJMQ est l'une des principales sources de joueurs étoiles à travers la LNH. M. Courteau a vu évoluer Vincent Lecavalier, Brad Richards et Sidney Crosby avec l'Océanic de Rimouski.
Il a également vu jouer Simon Gagné avec les Remparts et les Harfangs de Beauport. Et plus récemment, Patrice Bergeron anciennement membre du Titan de l'Acadie-Bathurst.
« Sidney Crosby est évidemment le joueur qui a le plus marqué cette ligue au cours des 22 dernières années », selon Gilles Courteau. Le programme scolaire qu'offre les hauts dirigeants de la LHJMQ est, selon Gilles Courteau, beaucoup plus structuré et organisé que les autres ligues juniors canadiennes.
« Je trouve fort déplorable le fait que le programme scolaire de la LHJMQ soit continuellement remis en question, il n'y a pas un organisme qui encadre mieux ses étudiants que notre ligue. »
La LHJMQ n'est pas ce que M.Courteau décrit et ça ne changera malheureusement pas car oui, il y a un meilleur organisme encadrant scolairement les jeunes : l'université et les collèges américains.
Gilles Courteau dit que la plupart des joueurs vont à l'école parce qu'ils évoluent pour une équipe de la LHJMQ, ce qui est en passant un très bon point parce qu'il est vrai que le contraire serait tragique car les chances de l'athlète d'aller à l'école seraient quasiment nulles.
Et le dopage dans tout ça...
Il est vrai que le hockey est rarement confronté à des problèmes de dopages, le seul joueur de l'histoire de la LNH à avoir été contrôlé positif à un test anti-dopage est Sean Hill et il vient de signer un contrat avec une équipe suisse.
Dans un communiqué qu'avait transmis Gilles Courteau en 2006, il avait fait mention des approches et des techniques qu'allaient prendre la LHJMQ pour enrayer le dopage au Québec, en voici les grandes lignes :
« (…) l'essentiel de notre programme est d'informer, d'éduquer, de prévenir et d'enrayer l'usage de substances dopantes. »
Est-ce que les cas de dopages sont cachés du public ou le message a été compris, Gilles Courteau a confiance en ce qu'il a entrepris en 2006 : « Notre politique anti-dopage est très efficace car, depuis sa mise en place, un seul cas a été déterminé en plus de 125 tests. Les tests négatifs ne sont pas rendus publics. »
125 tests répartis sur un peu plus de 400 joueurs! Est-ce assez? Je ne le crois pas. Et le fait que les cas négatifs ne soient pas rendus publics prouve une chose : rien n'assure qu'une vedette testée positive ne chaussera plus jamais les patins dans la LHJMQ.
La violence...
On sait tous ce qui s'est produit le 22 mars dernier dans un match entre les Remparts et les Saguenéens de Chicoutimi. Jonathan Roy avait été suspendu de même que son père Patrick Roy et des amendes avaient été déposées même qu'on attend un procès.
Suite à ces évènements douteux, Gilles Courteau avait annoncé à la ministre Courchesne vouloir collaborer avec elle pour trouver un terrain d'entente au sujet des bagarres. Selon Gilles Courteau, on devrait bientôt conclure ce problème :
« Le comité que j'ai formé pour étudier le dossier de la violence gratuite va me soumettre son rapport et par la suite, il sera déposé aux gouverneurs. Notre échéancier se situe le 12 septembre, date d'ouverture de la saison régulière. »
Une équipe à Montréal...
Farrell Miller a récemment fait déménager les Fog Devils à Montréal et on parle maintenant du Junior de Montréal.
Selon Gilles Courteau, les effets seront positifs et bénéfiques : « Il n'y a aucun doute que la venue d'une équipe à Montréal va avoir un effet positif sur le hockey junior. Les commanditaires seront de plus grande prestance et l'engouement sera des plus impressionnants. »
Mentionnons également que plusieurs rivalités risquent de naître, on n'a qu'à penser au Junior et aux Remparts de Québec.
Dans la LNH...
Au dernier repêchage amateur de la LNH, aucun joueur de la LNH n'a été repêché en première ronde et Gilles Courteau explique cela très simplement : « La liste centrale de recrutement de la LNH avait classé les espoirs de la LHJMQ entre la 25e et la 30e position soit la fin de la première ronde et le début de la deuxième. 8 joueurs ont donc été repêchés en deuxième ronde soit 27% de tous les joueurs sélectionnés venant de la LHJMQ. »
M. Courteau n'a pas compris une chose cependant, le repêchage 2008 était reconnu comme étant une cuvée en première ronde et peu d'espoirs se situaient en deuxième ronde, ce qui sera le cas l'an prochain en 2009 à Montréal. En résumé, peu de joueurs qui ont été repêchés cette année via la LHJMQ évolueront un jour dans la LNH.
Les plus grands joueurs de la LNH viennent en partie de la LHJMQ : Mario Lemieux, Guy Lafleur, Mike Bossy, Raymond Bourque et Patrick Roy pour ne nommer que ceux-là. Depuis les 10 dernières années, mis à part Sidney Crosby et Vincent Lecavalier, peu de joueurs sont devenus des joueurs étoiles.
La raison est simple selon le commissaire de la LHJMQ : « La mondialisation de la LNH y est pour quelque chose, le fait que les joueurs européens émergent vers l'Amérique pour entamer leur carrière professionnelle a pour répercussion que les joueurs de la LHJMQ passent quelque peu inaperçus. »
C'est vrai, plusieurs joueurs venant de la LHJMQ jouent dans la LNH mais ne sont pas des vedettes comme Ovechkin et Malkin le sont.
De 1986 à 2008, Gilles Courteau a fait un travail remarquable, mais selon lui, l'essentiel de son plan reste à venir : « Il faut continuer à travailler sur l'encadrement du joueur et toujours faire en sorte que les parents restent impliqués et transmettent le message concernant le sérieux et la crédibilité de la ligue. »
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