À quoi ressemblera la nouvelle NASL?
publié le 25 novembre 2009 à 12h07 par JF Caty (Jean-François Caty)
Impact de Montréal - Pépé Impact
La nouvelle est tombée en début de semaine, l'Impact de Montréal devrait faire partie l'an prochain d'une nouvelle ligue, appelée NASL, comme dans le temps du Manic de Montréal.
Il ne reste qu'à recevoir l'approbation de la fédération américaine de soccer pour démarrer ce nouveau circuit. Ce n'est pas pour autant une formalité. Le problème, c'est que la NASL a demandé à la fédération de lui accorder le statut de division 2 en Amérique du Nord, statut déjà conféré à la USL, qui continuera à exister parallèlement.
Pour les nostalgiques, sachez que la NASL n'aura rien de comparable avec la ligue qui avait fait la pluie et le beaux temps au début des années 80 à Montréal. Si la première NASL avait su aller chercher de gros noms du soccer européen, la nouvelle ligue sera plutôt une réincarnation de la USL à quelques différences près. Aucun chance malheureusement de voir les Pelé, Beckenbuer ou Cruyff de notre époque débarquer dans la métropole l'été prochain.
Naissant d'une divergence d'opinion avec les nouvelles autorités de la USL, la création de la NASL aura comme conséquence première de diviser les quelques franchises stables que possédaient la USL-1.
Les équipes
Pour l'instant, neuf formations ont décidé de faire le saut dans le nouveau circuit, certaines en provenance de la première division des USL et d'autres à titre de formations d'expansion.
L'Impact de Montréal devra encore jouer le rôle de pilier de cette nouvelle ligue, surtout si le onze montréalais y évolue toujours en 2011, alors que Vancouver, qui joindra aussi pour au moins une année la NASL, fera le saut en MLS.
Les Railhawks de la Caroline qui ont su établir une franchise relativement solide dans le sud des États-Unis devraient être un autre pilier de cette nouvelle ligue, malgré le fait qu'ils ont fini dans le dernier tiers pour les foules la saison dernière. Quant au Minnesota, il a déjà été un club solide, mais les dernières années ont vu le Thunder avoir davantage de difficulté tant aux guichets que sur le terrain.
Pour ce qui est cinq autres équipes, ils représentent des points d'interrogation. Avec une moyenne d'à peine 1000 spectateurs par rencontre, on peut se permettre de remettre en question la viabilité du Miami FC. Miami, est-elle réellement une ville de sport, capable de supporter un club de soccer professionnel? J'en doute. D'autant plus que l'équipe a failli être démantelée au début de la saison dernière, faute encore là d'appui.
Les Silverbacks d'Atlanta ont déjà fait partie de la USL, il y a deux ans. Après une année de pause, la formation de la Georgie devrait reprendre du service cette saison. Malgré un stade relativement neuf, les foules ont toujours été décevantes. La franchises est-elle viable? Peut-être.
Le Crystal Palace Baltimore, affilié au club anglais du même nom, fera le saut de la USL-2 à la NASL. Avec le soutien du club anglais, il sera intéressant de voir si Baltimore peut devenir un havre de stabilité pour la nouvelle ligue, après avoir évolué trois saisons en seconde division de la USL. Il faut espérer que baltimore ne suivre pas le même chemin que Cleveland, qui a connu une première saison en USL-1 extrêmement difficile, notamment en raison de pertes au niveau de la qualité de son effectif.
Quant aux Tampa Bay Rowdies, qui devaient à prime à bord venir renforcer la USL cette saison, le nouveau propriétaire du club a plutôt décidé de joindre les dissidents. Encore une fois, la question se pose, peut-on avoir des foules acceptables pour du soccer dans le sud de la Floride?
Un autre problème pour Tampa Bay et Baltimore, c'est qu'il avait selon la USL des contrats à honorer pour la saison prochaine et cette dernière a bien l'intention d'aller en cour pour les faire respecter, si nécessaire. Pourront-ils joindre la NASL dès la saison prochaine, cela reste à voir.
Propriété de l'avocat Jeff Cooper, la formation de St-Louis devrait être la neuvième équipe a joué en NASL l'an prochain. Cooper, qui poursuivait activement un club de la MLS pour la ville du Missouri a décidé à la suite de son échec, de se tourner temporairement vers une autre option. À mon humble avis, Saint-Louis, de par sa tradition de ville de sport de qualité devrait être un bel ajout à la nouvelle ligue, mais qui sait?
Avec Montréal et Vancouver comme piliers, Caroline et Minnesota comme équipe relativement stable et avec cinq autres points d'interrogation, la NASL est-elle viable? Je n'en suis pas convaincu, surtout à moyen et long terme. C'est pourquoi Joey Saputo devrait se dépêcher de finaliser l'entente avec la MLS.
Qu'est ce qu'il reste à la USL?
Pour l'instant, la première division de la USL devrait compter six équipes en 2010. Est-elle moins solide pour autant que la NASL? Cela reste à voir.
Les plus féroces (sans jeu de mots) adversaires de l'Impact historiquement, les Rhinos de Rochester resteront malheureusement en USL. Les visites de nos amis du nord de l'État de York risquent ainsi de se faire plus rare.
Si les beaux jours de la franchise semblent aujourd'hui bien loin dans le passé, alors qu'elle au prise avec de multiples problèmes juridiques, les Rhinos restent une organisation assez solide par rapport aux autres clubs qui formaient la USL l'an dernier.
Les Islanders de Porto Rico évolueront eux aussi en USL-1, ce qui est bien dommage. Les insulaires avaient su former un club capable de rivaliser avec les plus gros cylindrés de l'Amérique du Nord et étaient un adversaire de taille pour l'Impact. Porto Rico s'était de plus avéré une franchise d'expansion solide, qualité rare en USL.
Même si ce n'est que pour un an, le temps de joindre la MLS, les Timbers de Portland joueront eux aussi en USL l'an prochain. Les champions de la saison régulière en 2009 étaient aussi l'une des belles équipes à voir jouer et certainement l'une des plus talentueuses. Le fait qu'il n'est pas voulu joindre le nouveau circuit est bien dommage.
Pour ce qui est des trois autres formations, leur succès est mois assuré. Austin et Cleveland en seront à leur deuxième saison en USL-1. La promotion de Cleveland en première division en 2009 fut assez catastrophique pour le club et sa viabilité peut très bien être remis en doute. Quant aux Aztex d'Austin, ils ont été un succès mitigé.
Finalement, la USL-1 accordera une nouvelle franchise à la ville de New York, qui jouera en fin de compte en banlieue. Sera-t-elle un succès? Dur à dire, car bien des facteurs entrent en ligne de compte lorsqu'on parle du « Big Apple ».
Pour ceux qui se poseraient la question sur le sort du Battery de Charleston, les représentants de ce dernier club, qui affichait une belle stabilité, ont annoncé que la formation de la Caroline du Sud évoluerait l'an prochain dans la division inférieure, la USL-2.
En conclusion, j'ai bien peur que le clivage de la USL ne sera pas bénéfique pour aucune des deux entités, tant il affaiblira chacune d'elles. J'espère que Joey Saputo sera faire la même constatation et qu'il se pliera rapidement aux exigences de Don Garber, le commissaire de la MLS, pour que Montréal se joigne dans les plus brefs délais à la grande ligue, un titre qui aujourd'hui semble acquis plus fortement que jamais à la MLS.
Il n'y a aucune photo ni vidéo associée à cet article. Cliquez ici pour en ajouter!

