Pouliot : Gainey et Martin gagneront-ils leur pari?
publié le 25 novembre 2009 à 11h45 par Ken Platenpouich (Ran Tanplan)
Benoit Pouliot - FlickR (FrenchKheldar)
Vancouver, Championnat mondiaux juniors 2006. Brent Sutter est à la barre de l'équipe canadienne. 13e attaquant de l'équipe, Latendresse avait trouvé le tournoi très long, ne faisant que quelques apparitions par matchs. Le jeune, qui quelques mois plus tôt avait vécu son renvoi dans le junior la mort dans l'âme, n'était pas vraiment sorti grandi de l'aventure junior canadienne.
Quant à lui, Benoît Pouliot avait volé sur la patinoire lors de ce tournoi. Son coup de patin fluide et ses passes savantes n'étaient pas passé inaperçues. Il était beau à voir. Après avoir joué un excellent tournoi (5 points en 6 matchs), il fond en larme à la fin du dernier match et se jette dans les bras de Marc Stall et de… Guillaume Latendresse!
Sans doute a-t-il eu à ce moment-là une petite pensée pour son père décédé de la leucémie un an plus tôt.
Suite à ce tournoi, Le Wild était sans doute fier et rassuré de la sélection de Pouliot. Il n'y avait aucune raison de s'inquiéter : le talent du jeune crevait les yeux et son éthique de travail ne devait pas être si mal : Brent Sutter l'avait fait jouer à profusion.
Le Canadien, de son côté, ne pouvait se réjouir ni de Price (retranché par Sutter), ni de Latendresse, bien que ce dernier ait tout de même bien terminé sa saison à Drummondville cette année-là.
Puis tout se bouscule pour les deux joueurs.
Latendresse se présente au camp 2006-2007 du CH et est dominant à nouveau. Cette fois c'est la bonne. Carbo, les fans et les médias sont parvenus à convaincre l'organisation que Guillaume doit s'installer à Montréal. On avait besoin de ses buts et de sa grosseur. Latendresse connaît une saison fort acceptable de 16 buts.
De son côté, Pouliot ne casse rien. Il jouera 3 matchs au Minnesota et 67 autres à Houston où il n'enregistre que 36 points tout en présentant un glacial -16.
Depuis ce temps les deux joueurs n'ont pas vraiment progressé et voilà qu'on les échange l'un pour l'autre.
Pouliot : le projet de Jacques Martin
Ça ne fait plus aucun doute dans notre esprit : le « coach » en mène beaucoup plus large au sein de cette organisation que ne pouvait le faire Carbo l'an passé. Le renvoi de Sergei à Hamilton, la gestion de l'utilisation de Price, la confiance à l'endroit d'O'Byrne et Plekanec, l'arrivée de Pyatt et White et maintenant l'échange de Latendresse en retour de Pouliot. Tout ça sent le Jacques Martin à plein nez.
Martin connaît bien Pouliot, ils viennent du même secteur et se côtoient dans une école de hockey dans un petit patelin franco-ontarien au cours de l'été. Pouliot, pas le jeune le plus mature pour son âge, pourra certainement retrouver une figure paternelle, un mentor et un enseignant prêt à l'aider en la personne de Martin. C'est probablement ce dont il avait le plus besoin dans sa carrière.
Le Canadien avait besoin de rajouter un joueur de talent à son alignement et Martin se retrouve aujourd'hui avait un très beau projet entre les mains, un projet qu'il prendra probablement plus à cœur que le « projet Latendresse », quoiqu'il en dise...
Au plan psychologique, Minnesota obtient donc un joueur qui a régulièrement besoin d'une « petite tape dans le dos » et qui doit prendre son travail plus au sérieux (bye bye le show bizz mon Gui-Gui !). Montréal obtient un gars pas très mature non plus, mais qui a commencé à s'autocritiquer sérieusement et dont on dit, au Minnesota, qu'il a franchement changé son éthique de travail au cours des derniers mois.
Au plan hockey, Latendresse est plus gros, a plus d'expérience et est un meilleur marqueur que Pouliot. Mais ce dernier a le potentiel, la vitesse et la vision du jeu nécessaire pour également aspirer à des fonctions offensives importantes.
Avec le travail nécessaire, on le voit très bien devenir un genre d'Antoine Vermette qui, rappelons-le, n'est pas devenu le joueur qu'il est maintenant du jour au lendemain.
Si j'ai bien compris le Wild entend faire évoluer Latendresse aux côté de Koivu et Brunette. Et si je devine les plans du CH, je crois comprendre qu'on aimerait éventuellement placer Pouliot à l'aile gauche de Gomez et Gionta.
Il s'agit d'un beau pari des deux côtés quoiqu'en dise Martin Leclerc qui compare cet échange à celle de Ribeiro/Niinimaa.
On lui concèdera toutefois que Gainey prend une fois de plus une plus grande part du risque que son partenaire de danse...
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