Latendresse et l’autocritique
publié le 25 novembre 2009 à 15h25 par Ken Platenpouich (Ran Tanplan)
Guillaume Latendresse - FlickR (wegseb)
On a beaucoup de mal à acheter l'idée selon laquelle Latendresse n'a jamais eu sa chance à Montréal. Une chance ça se mérite et ça s'obtient avec le travail. Et on a encore plus de misère avec l'absence presque totale d'autocritique dont il a fait preuve lors de ses dernières entrevues « vidage de cœur ».
Ok, il n'a jamais obtenu 10 ou 20 matchs en ligne sur un des deux premiers trios. Ok, il n'a presque jamais joué en avantage numérique. Ok, il n'a pas souvent eu un centre régulier capable de lui faire des belles passes. Latendresse n'a pas tort sur tous les points, loin de là.
Mais à ce que je sache, quand Pacioretty, Sergei Kostitsyn et Andrei Kostitsyn jouent mal, on coupe leur temps de glace, on ne les fait pas jouer en avantage numérique, on les envoie à Hamilton ou on les fait jouer sur le 4e trio.
Pas comme si Gui-Gui était allé se les geler à Hamilton très longtemps et souvent comme les autres. Pas comme s'il y avait une injustice systématique à son endroit. Pas comme s'il était la pauvre victime qu'il essaie de nous dépeindre.
Latendresse, qui faut bien l'admettre a beaucoup moins de talent que les Kostitsyn, n'a jamais compris que s'il voulait jouer sur les deux premiers trios, il lui fallait se rendre indispensable. Comme Martin St-Louis, Patrice Bergeron et Mike Cammalleri ont eu à le faire dans leur carrière respective.
Il fallait qu'il montre à l'organisation que malgré sa place inférieure dans la hiérarchie de l'équipe dû à un talent moindre, son positionnement, la précision de son lancer et sa robustesse pouvait le rendre aussi utile qu'Andrei Kostitsyn, sinon davantage. Pour cela, il aurait fallu qu'il joue avec beaucoup plus de détermination qu'il n'a pu le démontrer. Il aurait fallu qu'il réponde « présent » beaucoup plus souvent et qu'il déloge clairement un gars comme Kostitsyn.
On doit favoriser le joueur ayant le plus de talent
Il est cependant vrai que le CH a donné plus de chances à A. Kostitsyn de se faire valoir au cours des 3 dernières saisons, tout comme elle le fait avec Price au détriment de Halak. Mais tout ça est normal et souhaitable. C'est ce que n'importe quelle équipe de hockey doit faire : mettre ses joueurs les plus talentueux dans des situations optimales pour les faire produire. Et voilà que Price et le gros 46 ont retrouvé leur confiance et débloquent. Le salut du CH cette saison passe en grande partie par ces deux joueurs.
Loin de moi l'idée de faire l'apologie d'Andrei Kostitsyn, mais il serait archi-faux de croire que Kostitsyn a eu tout cuit dans le bec. Ce serait faire entre autres preuve d'amnésie. Il a passé pratiquement deux saisons complètes avec Hamilton (entrecoupées de petits séjours à Montréal) avant de pouvoir s'installer pour de bon dans la grosse ville. Puis, à son arrivée, il n'a pas volé sa place sur les deux premiers trios. Il a rapidement fait quelques beaux flashs aux côtés de Plekanec et Kovalev. 26 buts, 53 points en 2007-2008. L'an dernier, 23 buts, malgré une saison de misère sur glace et hors glace.
Cette année, la corde plus serrée de Jacques Martin, qui l'a relégué sur le 4e trio pendant quelques matchs, a fini par faire choquer Andrei et ça a commencé à donner des résultats. Voilà tout ce dont il avait besoin : une petite piqure à l'orgueil.
Pendant qu'Andrei s'est choqué et a forcé la main de son « coach », Guillaume pleurnichait dans les bras d'une chanteuse populaire et dans les oreilles de son ami Maxim.
Pas pour tout le monde la méthode Martin.
Reste à voir si cette méthode va aussi avoir son effet sur le petit tanant à Sergei, qui a lui aussi beaucoup plus de talent que Latendresse.
Mais, on n'hésitera pas à donner une grosse part du crédit à Guy Boucher si Sergei redevient Sergei. Et ça semblait être le cas hier…
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