CH : qui sont les intouchables ?
publié le 1 mars 2010 à 09h16 par Marco St-Yves (Marco St-Yves)
Josh Gorges - Canadiens.com
Au début de la dernière décennie, les directeurs généraux des équipes les plus riches de la LNH s'en donnaient à coeur joie lors de la date limite des transactions et sur le marché des joueurs autonomes sans compensation. Ça, c'était avant le lock-out.
Or, depuis l'avènement de la nouvelle convention collective et de son fameux plafond salarial, les DG doivent faire preuve de beaucoup d'imagination afin que la masse salariale de leur équipe respecte les cadres établis.
La notion du joueur intouchable a également évolué au fil du temps. Autrefois réservée aux joueurs vedettes de la LNH, cette catégorie de patineurs englobe aussi dorénavant de jeunes joueurs touchant un bas salaire mais jouant un rôle important au sein de leur équipe.
Bref,en raison du plafond salarial, les joueurs à bon rapport qualité/prix sont activement recherchés par les équipes et deviennent dès lors des intouchables. Les organisations qui en possèdent quelques-uns peuvent se compter chanceux et désirent les garder.
Plusieurs équipes construisent en effet leur équipe ainsi: quelques hauts salariés constitués de vedettes établies dans la ligue, auxquels on ajoute des joueurs n'ayant pas encore eu la chance de négocier de faramineux contrats ou encore des joueurs en fin de carrière.
Généralement, les équipes qui possèdent le plus de jeunes joueurs s'en tirent mieux que les autres, et les joueurs dits de la «classe moyenne» ont passablement de difficulté à se trouver un emploi (comme Marc-André Bergeron avant le début de la saison, par exemple).
À quelques jours de la date limite des transactions fixée au 3 mars cette année, dressons donc une liste des joueurs intouchables à court terme au sein de l'organisation du Tricolore.
Bien que Wayne Gretzky ait déjà été échangé et que personne n'est vraiment à l'abri d'une transaction au sein du tricolore présentement, certains joueurs semblent faire partie des plans de la haute direction du club.
Vous trouverez dans le présent billet une analyse concernant les gardiens ainsi que les défenseurs en place, et la suite de cet article, qui traitera des attaquants, sera disponible dans un texte à paraître demain.
Les gardiens
Le dossier des gardiens de but à Montréal est un éternel sujet de conversation, au même titre que la température qu'il fait à l'extérieur. La situation n'a cependant jamais autant fait jaser que cette saison.
Alors que Jaroslav Halak est clairement le meilleur gardien depuis le début de la saison, qu'il semble le favori de Jacques Martin depuis un mois et qu'il n'a que 24 ans, on chuchote que la valeur sur le marché pour ce lointain choix de 9e ronde, 271e au total de l'encan de 2003, serait plutôt ordinaire, et ce même avec ses récents succès aux Olympiques.
De plus, celui qui a aidé son équipe de la Slovaquie à vaincre les puissantes équipes de la Russie et de la Suède à Vancouver semble sorti tout droit du même moule que les joueurs embauchés l'été dernier par Gainey et son adjoint Pierre Gauthier: petite taille, travaillant, bon esprit d'équipe et rarement blessé.
De son côté, la valeur de Carey Price semble plus élevée à travers la LNH, mais voudra-t-on se départir de celui qu'on identifie comme la future grande vedette de l'équipe depuis le jour où on l'a repêché? Price est imposant physiquement, possède de belles qualités athlétiques et, ne l'oublions pas, n'a que 22 ans.
Il a été mêlé à quelques rumeurs de transaction dernièrement, dont notamment une qui l'aurait fait passé au Lightning de Tampa Bay l'été dernier en retour de Vincent Lecavalier, échange que Gary Bettman aurait été dans l'obligation de faire avorter.
Price et Halak deviennent joueurs autonomes avec restriction à la fin de l'année, et comme ils ne veulent plus occuper le rôle de second violon, il est évident qu'ils ne seront pas de retour tous les deux.
L'organisation, Gauthier en tête, devra trancher. Étant donné que Halak a fait la preuve cette saison qu'il excellait sous la pression et qu'il pouvait remporter les gros matchs, il n'y a plus d'intouchable devant les buts.
Tout dépendra des offres que les autres formations feront parvenir au Centre Bell. Cependant, le tricolore ne recevra pas d'offre pouvant améliorer son équipe à court terme en retour de Jaroslav Halak.
Par conséquent, ce dernier ainsi que Price devraient demeurer à Montréal, du moins jusqu'à la prochaine séance de repêchage, où l'un d'eux pourrait devoir faire ses valises.
Les défenseurs
Andrei Markov: de meilleur défenseur de l'équipe, son statut est passé de meilleur joueur de l'équipe depuis quelques temps déjà. Son importance lors des sorties de zone, de la relance de l'attaque ou encore au sein de l'avantage numérique ne fait plus de doute et le joueur russe est à juste titre considéré comme l'un des meilleurs quarts-arrières de toute la LNH.
À un tel point que son nom a même été mentionné depuis quelques mois comme candidat au titre de capitaine de l'équipe. Sa grande vision du jeu fait de lui un passeur hors pair, et l'équipe n'est plus la même lorsqu'il doit s'absenter.
Il est de plus un produit de l'organisation, et son jeu a atteint son apogée. Méritant un salaire annuel de 5.75 millions, il lui reste une autre saison à écouler à son contrat, à la suite de quoi il devrait obtenir une autre augmentation de salaire à compter du 1er juillet 2011. Malgré ce fort prix, Markov n'ira nulle part.
Josh Gorges: lors de la saison 2006-2007, le directeur général du Canadien, Bob Gainey, envoie Craig Rivet aux Sharks de San Jose en retour d'un premier choix au repêchage (qui deviendra Max Pacioretty) et d'un jeune défenseur méconnu du nom de Josh Gorges.
Maintenant considéré comme un membre important de la brigade défensive de l'équipe, Gorges est employé à toutes les sauces, notamment en infériorité numérique où il forme un duo très efficace en compagnie de Hal Gill.
Dorénavant perçu comme un jeune vétéran, il est un joueur travaillant et engagé. Encore sous contrat l'an prochain à un salaire annuel moyen de 1.1 million, Gorges représente une véritable aubaine, et avec le recul, force est d'admettre qu'il s'agissait d'une très bonne transaction de la part de Bob Gainey.
Ryan O'Byrne: ce défenseur au physique imposant a été repêché au 79e rang en 2003. S'il a fallu attendre quelques années avant de véritablement voir sa carrière connaître son envol, il a connu un excellent camp d'entraînement en septembre dernier avant de se blesser à la deuxième partie de la saison.
Son jeu n'a cessé de croître depuis son retour, au point où il a été jumelé avec Andrei Markov au cours des derniers matchs. Son talent offensif est plutôt limité, mais il offre un calibre de jeu de la Ligue Nationale et il est l'un des rares défenseurs droitiers naturels au sein de cette équipe.
Sans être considéré comme un défenseur robuste, il semble plus engagé physiquement cette saison et il n'hésite pas à défendre ses coéquipiers. Apprécié de tous, on dit de lui qu'il est un bon joueur d'équipe. Il lui reste encore une saison à disputer à un salaire moyen de 942 000$, et à ce prix, il fait partie des plans.
P.K. Subban: ce choix de deuxième ronde en 2007 est hautement considéré dans la hiérarchie de l'organisation de l'équipe par ses dirigeants. Si on lui reconnait un potentiel offensif, certains depuis ses années juniores, c'est sous les ordres de Guy Boucher, à Hamilton, qu'il a appris à peaufiner son jeu défensif.
Il n'a pas raté son entrée au sein de l'équipe en récoltant deux points à ses deux premiers matchs, et il semble déjà l'un des favoris de la foule. Sous contrat pour deux autres saison à 875 000$ par année, il pourrait s'avérer comme l'une des plus belles aubaines de la ligue d'ici un an ou deux. Un intouchable.
À ne pas manquer, demain sur fanatique.ca, la suite de cet article où les attaquants les plus précieux seront analysés.
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