Historique du dopage dans le sport
publié le 15 décembre 2007 à 12h59 par jonathanbolduc (Jonathan Bolduc)
dopage - http://www.sportvox.fr/
L'univers du sport fait la manchette inlassablement concernant des cas de dopages. Dernièrement, bien entendu, c'est le monde du Baseball Majeur (MLB) qui fut, sans surprise, confirmé comme étant l'un des terreaux fertiles dans ce domaine, avec le rapport rédigé par George Mitchell - un document de 409 pages révélant entre autre les noms de joueurs ayants utilisés des substances dopantes en plus de cataloguer les substances elles-mêmes.
Ayant en perspective les derniers soubresauts du sujet, il est, je crois intéressant de se pencher sur une brève historique de la naissance du dopage au sein du sport lui-même, afin de prendre conscience de son importance et des effets directs et indirects qu'elle occasionne.
Nous allons donc, dans un premier temps, traiter des premiers cas recensés, ainsi que des principaux scandales reliés au dopage. Finalement, nous allons dresser une liste des principaux effets recherchés reliés à des produits dopants fréquemment utilisés et tenter de comprendre pourquoi des athlètes prennent autant de risques en regard d'une décision qui peut, aisément, compromettre une carrière qui dans bien des cas est encore jeune et déjà brillante.
Les premiers cas
Avant même la naissance des premiers Jeux Olympiques, en 1896, un premier cas de dopage est recensé. Il s'agit de nageurs qui ont été découverts à Amsterdam. Par contre, on ne connaît aucuns détails supplémentaires sur le sujet, ce qui permet difficilement de réellement marquer ce moment comme le point de départ du chaos sportif.
Ce que l'on pourrait nommer comme étant l'apparition des drogues dans le sport arrive vers la fin des années 50. À ce moment, les sympathomimétiques sont démontrés comme étant des produits qui peuvent aisément accélérer la fréquence cardiaque, dilater les bronchioles, et aider en général à une contraction des vaisseaux sanguins, ce qui en bout de ligne, améliore efficacement les performances du corps humain dans un contexte d'effort intense.
Ce sont par contre, les jeux Olympiques de Rome, en 1960, qui poussera le Comité International Olympique (CIO) à officialiser les contrôles anti-dopage et ce, dès les Jeux Olympique d'été de Mexico en 1968, des suites de la mort de Knud Enemark Jensen.
Les cas majeurs
Quelques grands scandales ont secoué le sport de façon internationale.
En outre, l'affaire Festina, a entaché le Tour de France de 1998, alors que les autorités du Tour ont découvert plus de 900 doses de divers produits dopants dans le véhicule du soigneur de l'équipe. Plusieurs autres cas de dopage sportif sont venus ternir l'image du Tour de France depuis ce temps, comme on l'a vu dernièrement avec la quasi condamnation du septuple champion Lance Armstrong comme consommateur d'EPO. Tout ceci est sans parler de toutes les autres disqualifications qui sont devenues monnaie courante lors de TDF et qui, chaque année, remettent cet évènement au centre d'une importante controverse.
La République Démocratique allemande (RDA) avait bâti un solide programme de dopage majeur sur ses athlètes, en leur administrant d'importantes doses de testostérone et d'anabolisants autant chez les adultes que les enfants. Le cas fut découvert après la chute du mur de Berlin, en 1989.
Les principaux effets des produits dopants
Les stéroïdes anabolisants, la créatine, la méthionine, l'arginine, la glycine et les hormones de croissance, sont autant de produits presque unilatéralement interdits, lesquels accèdent de façon individuelle ou collective à une augmentation de la force et/ou de la puissance musculaire.
D'autre part, l'oxygénation est majorée si l'on absorbe des substances comme le salbutamol, l'érythropoïétine (EPO) et le perfluocarbone (PFC)
Plusieurs athlètes vont chercher à vaincre facilement le stress et améliorer leur concentration à l'aide des amphétamines, de l'alcool ou encore des bétabloquants.
Le sport de haut niveau demande un dépassement de soi, une sorte d'oubli du corps. Les narcotiques (héroïne, morphine, méthadone), les euphorisants (cocaïne, caféine et amphétamines), les antalgiques, les analeptiques et l'insuline aide en ce sens à ralentir l'accroissement de la douleur.
Les amphétamines combinées aux benzodiazépines permettent un stade de très haute vigilance suivi d'un état de repos intense. Ce cocktail est fréquemment utilisé dans les courses de longue haleine comme le Paris-Dakar.
Le salbutamol, le probénécide et le Propécia sont des produits masquants, en ce sens qu'ils pemettent en quelque sorte de dissimuler la présence d'autres produits dopants dans l'organisme. Il faut se souvenir que José Théodore, alors gardien de but du Canadien de Montréal, avait été au centre d'une controverse lorsque l'on avait rendu publique sa consommation de Propécia, qui sert également (comme premier usage) à empêcher la perte de cheveux et réduire les risques de calvitie.
L'Agence Mondiale Antidopage
L'AMA est présente depuis 1999 dans plusieurs compétitions internationales afin de rechercher, d'analyser et d'abolir toute forme de dopage.
L'Agence propose aux diverses fédérations, associations et comités sportifs d'accepter le code mondial antidopage de l'AMA, convenant de se plier aux décisions reliés aux analyses et éventuellement à des suspensions ou bannissements de milieux sportifs.
Actuellement l'AMA comprend plus de 500 membres répartis dans diverses disciplines sur le globe.
Les effets sur la santé
La prise d'EPO par exemple, amène un épaississement du sang et éventuellement, par ce fait, à un risque d'arrêt cardiaque ou d'insuffisance cardiaque. On note aussi plusieurs cas de mots subites d'athlètes après une trop grande consommation de produits dopants.
Bob Hazelton, un boxer, a dû se faire amputer les deux jambes pour survivre à sa trop importante consommation.
Évidemment, comme la plupart des substances s'apparentent à de des drogues dures, plusieurs consommateurs en viennent à s'assouvir d'une dépendance aigüe à ces produits, laquelle les suivra même au moment de leur retraite du sport.
La perte de cheveux, l'acné, la stérilité, les problèmes cardiaques, les difficultés rénales, l'hypertension, le diabète, des problèmes au foie et à la rate, l'impuissance, les difficultés respiratoires et les défaillances du système nerveux sont autant de facteurs qui sont influencés par une prise régulière de produits dopants, et ce sont souvent les résultats de plusieurs années de consommation.
Les effets indirects
Outre la détérioration de l'organisme humain des consommateurs de ces diverses substances, il est impératif de prendre en compte que le sport en général est mis à l'écart par plusieurs amateurs en regard aux divers scandales qui sont actif ici et là. Le Tour de France par exemple a vu sa popularité chuter lorsque plusieurs cas de dopage ont fait surface coup sur coup. De plus le cas de Lance Armstrong, qui à été couronné sept années consécutives de cette grande compétition, n'a pas aidé la cause.
Le cas Barry Bonds est similaire, alors que le cogneur par excellence dans l'histoire du baseball majeur, devenu un symbole héroïque pour beaucoup d'amateurs, de jeunes et de gens de la communauté noire américaine, a perdu passablement de son lustre lorsque l'on a connu toute l'ampleur de sa consommation de drogues de performance. Isolé et poussé dans ses retranchements, Bonds a même commis l'odieux de se parjurer dans une cour fédérale et en paie aujourd'hui le prix.
Ainsi, par la pression mise sur les athlètes par la amateurs, les entraîneurs, les équipes sportives, les pays et les instances elles-mêmes, on pousse les sportifs au cordon du gouffre. Plusieurs scandales ont éclaté et certains directeurs, président ou commissaires sportifs prennent comme décision d'enrailler les drogues de leur arènes. Combien de temps s'écoulera-t-il avant que de nouvelles substances, indétectables, soient disponibles sur le marché et éventuellement proposées aux athlètes?
Le cycle est enclenché, nous verrons bien...
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